Face à un manque à gagner, le Cégep de l’Outaouais devra faire « des choix difficiles »
Le Cégep de l’Outaouais devra faire face à des déficits au cours des prochaines années. Si bien que « des choix déchirants » qui seront pour la majorité « irréversibles et irrévocables » attendent l'établissement, selon la direction. La dernière mise à jour des perspectives budgétaires de l'établissement fait état d'un déficit projeté de quelques millions pour les trois prochaines années à venir. Si pour l'année 2025-2026, l'établissement d'enseignement sera en mesure d'amortir le choc avec des surplus, les années suivantes s'annoncent plus difficiles. Cette situation est la conséquence d'un financement insuffisant de la part de Québec, selon la Fédération des cégeps. Le budget consenti aux cégeps par Québec est d’un peu moins de 3 milliards de dollars alors que le réseau collégial a besoin de 3,1 milliards de dollars pour couvrir ses dépenses. Steve Brabant est le directeur général du Cégep de l’Outaouais. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Olivier Plante Parmi les scénarios évoqués pour faire face aux déficits prévus, l'établissement étudie l’option de plafonner les admissions dans certains programmes. Selon M. Brabant, la situation pourrait même forcer son administration à faire des compressions pouvant atteindre 30 % dans tous les services non-enseignant en raison de l’impossibilité de pouvoir toucher à l’enveloppe qui finance les salaires du corps professoral. Les activités du Laboratoire de l’Outaouais en innovation, technologie et entrepreneuriat - LABoite, par exemple, pourraient être suspendues, en raison d'un manque à gagner pour les prochaines années au Cégep de l'Outaouais. Photo : Radio-Canada / Hugo Pothier Plusieurs services aux étudiants pourraient être touchés, selon lui. Les activités du Laboratoire de l’Outaouais en innovation, technologie et entrepreneuriat - LABoite, par exemple, pourraient être suspendues. En réaction à ces compressions annoncées, la présidente par intérim du Secteur soutien cégeps à la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Marie-Noël Bouffard, regrette les effets sur les employés de soutien et les étudiants. La CSN dénonce déjà de l'abolition de deux postes de personnel de soutien occasionnel. Solidaire au personnel de soutien, le président du Syndicat des enseignantes et des enseignants du Cégep de l'Outaouais, Christian Bernier salue les efforts de l'administration pour limiter les compressions cette année. Il se dit cependant préoccupé par des conséquences à venir. Christian Bernier est le président du Syndicat des enseignantes et des enseignants du Cégep de l'Outaouais. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Matéo Garcia-Tremblay À peu près dans la même situation, l'Université du Québec en Outaouais (UQO) prévoit également un déficit d'environ 900 000 $ pour l'année à venir. Avec les informations d’Anne-Louise Michel et de Mama AfouLe Cégep de l'Outaouais a dû, au cours des dernières semaines, procéder à des optimisations qui ont pu être identifiées, [...] Les mises à pied ont déjà été détectées, et puis certains choix difficiles ont déjà commencé à être faits
, a déclaré le directeur général, Steve Brabant.
Plafonner les admissions ?
Le corps enseignant et la communauté étudiante seront en croissance [dans les prochaines années], ce qui suppose la probabilité d'être forcé de devoir contingenter davantage ou de plafonner les admissions, c'est-à-dire de freiner l'accessibilité dans une région où l'accessibilité ou le taux d'accessibilité aux études collégiales est parmi les plus faibles au Québec
, laisse-t-il entendre.
On parle des postes allant de psychologue, d'aide pédagogique, de techniciens en éducation spécialisée, de conseillère en service adapté par exemple, pendant que les besoins particuliers de notre clientèle se diversifient, se complexifient et augmentent
, regrette M. Brabant.Inquiétudes au niveau du syndicat
Ça se peut qu'il y ait des coupures dans les postes pour l'année qui s'en viennent, même dans les achats de tout ce qui concerne l'entretien, les bibliothèques et les laboratoires. Les coûts ont vraiment augmenté aussi, alors [avec] la coupure, c'est sûr que ça n'aide pas au bout du compte. C'est vraiment l'étudiant qui va payer pour ça
, affirme-t-elle.Je pense aux étudiants qui ont des besoins particuliers [...] Il y a des techniciens en travaux pratiques qui aident les enseignants dans l'enseignement et l'encadrement des étudiants pour, par exemple, placer le matériel ou ranger le matériel [dans le laboratoire]. Et donc c'est essentiel et ça pourrait être ces gens-là qui seraient touchés
, dit-il.
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